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Fleur de cristal

Posté par canelle49 le 13 décembre 2011

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Ses pas dans la neige avaient ce bruit caractéristique du sucre que l’on tournait dans ses doigts. Sur le sol, la couche de neige baignée par le soleil, scintillait comme le firmament, on aurait dit que le ciel, avait, pendant la nuit, laisser tomber des milliers d’étoiles sur le tapis blanc et froid de l’hiver. Elle devait découvrir la fleur de cristal à tout prix. 

Elle avançait toujours dans cette neige qui devenait de plus en plus épaisse, mais elle n’avait pas le choix, il fallait qu’elle atteigne le sommet de la montagne. Elle savait y trouver la fleur de cristal, son grand-père, qu’elle adorait, avait besoin de cette fleur pour sortir de son silence et qu’enfin cette maudite machine, qui respirait pour lui, soit débranchée.

Le silence se faisait plus pesant encore, depuis que la neige avait recouvert le paysage et cela devenait angoissant, mais la pensée de son grand-père avait un effet magique sur ses petites jambes, elle continua donc d’avancer.

Elle pensait à ce géant qu’il était, elle était si petite, il la soulevait comme un fétu de paille au-dessus de sa tête pour la lancer dans les airs et elle avait l’impression de voler comme un oiseau. Elle aimait l’odeur de sa pipe et lorsque le soir, dans la cuisine, il se retirait pour préparer son mélange de tabac, elle aimait s’enfermer près de lui, souvent, il lui donnait l’autorisation de préparer ces merveilleux parfums que les volutes de fumée répandaient dans l’air.

Elle pensait à toute son enfance, entourée de ce grand-père qu’elle aimait tant et qui était tellement gentil et rempli d’amour pour elle,  il contrastait avec sa femme. Elle ne voulait pas employer le mot de grand-mère, pour elle, c’était une sorcière sans amour. Elle avait rencontré pour la première fois une personne qui ne donnait pas d’amour, à personne,  elle comprit qu’il fallait qu’elle fasse en sorte de ne jamais lui ressembler.

Elle avançait toujours dans la neige et la pente devenait bien raide, elle commençait à avoir froid et ne sentait déjà plus ses pieds, mais elle ne pouvait pas abandonner, il fallait qu’elle trouve cette fleur de guérison, elle ne voulait pas perdre son grand-père. Des larmes coulèrent le long de ses joues, la rage au ventre, elle reprit sa marche.

Ils étaient tous les deux maintenant dans son souvenir, main dans la main, cette immense main qui prenait sa petite main avec tendresse pour l’emmener au bord du lac afin d’offrir aux cygnes du pain sec, souvent, à table, elle cachait dans sa poche son morceau de pain, malgré son envie de le manger, pour le donner aux cygnes. Elle savait que son grand-père voyait son geste et il avait un sourire complice avec elle, une fois, une seule fois, la sorcière vit son geste et elle entra dans une colère qui lui valut une punition.

Elle regardait le sommet se rapprocher, encore quelques efforts et elle aurait dans sa main la fleur de guérison.

L’ombre de la mort rôdait autour d’elle pour la première fois de sa vie et elle ne voulait pas la laisser lui prendre son grand-père, dame faucheuse menaçait, mais elle allait être la plus forte, il le fallait.

Le sommet était là, devant elle, le soleil frappait si fort sur la neige qu’elle eut du mal à voir au loin une silhouette qui s’avançait vers elle, puis malgré l’éblouissement, elle écarquilla les yeux, elle n’y croyait pas. Son grand-père était là, elle avait réussi, il marchait vers elle en lui tendant les bras, son sourire avait la couleur du soleil, elle s’élança dans ses bras.

Plus de machine qui faisait tant de bruit et qui l’avait tellement impressionnée, elle ne l’entendait plus, enfin, elle avait le coeur en fête et le bonheur était enfin revenu.

Cette voix qui l’appelait dans le lointain, mais oui, c’était bien sa maman, qui l’appelait au loin, elle tourna la tête pour tenter de voir d’où venait la voix de sa maman et c’est alors que tout devint noir. Elle ouvrit les yeux et compris qu’elle venait de faire un rêve et que la réalité était bien différente, sa maman lui annonçait avec beaucoup de précautions que la sorcière avait décidé d’arrêter la machine, que la médecine ne pouvait plus rien, alors elle hurla, qu’elle détestait cette femme et elle décida de ne jamais plus avoir peur d’elle et que tout le mépris et la haine dont elle avait affublé sa maman, ainsi que son petit frère, ne seraient pas vain, car elle allait oser ne plus avoir peur d’elle et c’est à cet instant qu’elle comprit, que dans la vie, elle oserait contrer les méchants de ce monde, sans avoir peur.

Le mépris renforce la fierté d’être ce que l’on est !  Ce fut, son seul cadeau !

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