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Cinq ans de non dit

Posté par canelle49 le 9 août 2011

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Je les avait oubliées ces photos jaunies par le temps ou je n’avais pas oser les regarder, ils étaient parti pour leur dernier voyage et je ne pouvais pas feuilleter ces albums sans avoir le coeur au bord des larmes. Je voulais    occulter le passé et je n’osais pas faire face. Pourtant je savais que je devais y faire face, mais on  a beau dire, je dois régler mes comptes avec le passé, passer à l’action est une autre paire de manches.

Dimanche, une envie soudaine de scanner, toutes ces vieilles photos et lorsqu’on reprend le cours de son enfance, alors tout revient. C’est douloureux, mais c’est aussi un soulagement de regarder son passé  et de comprendre pourquoi on a encore en nous, tellement de peine.

Maman est partie il y a cinq ans, elle avait décidé, comme toujours d’ailleurs, personne ne décidait pour elle, de partir seule et d’organiser elle-même sa cérémonie d’adieu. Le fait qu’elle ait décidé de ne pas avoir de tombe, ni même une niche pour ses cendres, avait été très difficile à accepter. Le jour de la remise des cendres, le pasteur qui faisait la cérémonie m’a remis l’urne. Il fallait dire au revoir, c’était le moment. Il ouvrit le caveau de la chapelle des souvenirs (joli nom donné pour ne pas dire la fosse commune) et là, j’ai eu en moi des paroles terribles à l’encontre de maman, je lui en voulais, non seulement d’être partie comme elle l’avait dit, seule, mais en plus, nous priver d’une tombe, a mis en moi de la colère et à l’instant de jeter ses cendres dans le caveau, j’ai eu des pensées terribles, je lui ai dit dans mon esprit combien elle me faisait mal et que comme toujours elle savait bien faire en sorte que je souffre, non seulement elle était partie seule, mais un plus, elle nous interdisait de la pleurer, depuis ce jour je n’ai plus pleuré maman et je n’ai jamais pu retourner à la chapelle des souvenirs.

Pourquoi, maintenant,  j’ai éprouvé ce besoin de lui parler et d’aller à la chapelle du souvenir ? Je sais pourquoi, ton amour m’a offert une vision tout autre de la vie, ton amour a fait que je sais vivre le présent avec bonheur, sans m’inquiéter de l’avenir. Tu m’as offert un bien précieux et c’est l’amour partagé, c’est donner et recevoir. P… je t’aime de tout mon coeur et tu as fait de moi, la femme la plus heureuse de la terre. Pour être dans la plénitude de notre amour je me devais de mettre un terme à ma culpabilité et tu as su m’encourager à le faire. Merci pour tout ce que tu m’apportes chaque jour, merci pour ton amour et ta confiance. Merci de m’avoir permis de devenir celle que je suis aujourd’hui. Mon bonheur est ton bonheur, l’un ne va pas sans l’autre, j’ai compris avec toi, qu’aimer c’était vouloir le bonheur de l’autre sans conditions, sans peur et sans doutes.

Mon amie, toi aussi tu as fait que j’ai eu le courage d’aller voir ma mère et de lui parler, ma Colinette, tu es entrée dans ma vie quelques mois avant P… et tu as su, toi aussi, par tes mots, me montrer le chemin du pardon. Je rêve que tu en fasses de même et j’ai cet espoir en moi.

J’ai compris que tous les actes et les mots de maman n’étaient dictés que par l’amour. Elle a tant manqué d’amour dans son enfance, qu’elle en a trop abusé finalement, elle n’a pas su faire la différence entre l’amour et la possession. J’ai compris hier, qu’en fait, elle n’était pas responsable, les souffrances d’avoir été rejetée par sa mère et ensuite par toute sa famille avait fait d’elle une maman trop possessive et manipulatrice.

Hier, je suis entrée dans ce monde du silence et j’ai enfin pu laisser mes larmes couler et lui parler, surtout j’ai pu lui demander pardon, en fait, je pensais lui demander des comptes et finalement j’avais tout compris, mais il fallait encore qu’elle me pardonne d’avoir eu ces propos qui faisaient que je me sentais coupable et j’ai compris hier, que c’était à moi de demander pardon et non à elle.

On a parfois tout faux dans la vie, on pense que c’est l’autre toujours qui fait mal, alors que si on regarde en soi, on voit bien que nous faisons du mal, nous aussi. J’ai finit par lui demander de me faire un signe, certains vont sourire et rire même, mais je crois dans les signes, je crois que ceux qui sont partis ont la capacité de nous faire des signes.

Je suis donc repartie et pour sortir on doit passer devant la chapelle où il y a les cérémonies d’adieu et ce jour il y avait une cérémonie. En arrivant à la hauteur de la porte de la chapelle, j’entends une musique s’élever dans les airs et qu’elle n’est pas ma surprise d’entendre une chanson que ma maman chantait très très souvent et qui tournait souvent en boucle sur le tourne-disques. Les trois cloches, chantée par les compagnons de la chanson. Je venais d’avoir ma réponse, elle m’avait pardonné.

Merci C… ton amitié m’a aussi apporté les larmes de la délivrance et la pleurer m’a mis du baume au coeur.

Demain c’est le 09 août et c’est la saint amour, alors soyez tous emplis d’amour et offrez des pardons si d’aventure vous avez à en offrir, demain, la saint-amour, devrait être un jour qui fait que l’on se pardonne nos erreurs et le mal qu’on a pu faire aux autres, je vous assure que la délivrance et le bien-être qui découle du pardon est bien une victoire.

Le pardon est la plus belle fleur de la victoire (proverbe arabe)

L’amour le plus merveilleux des cadeau et la plus belle richesse de ce monde !

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