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La vieille dame

Posté par canelle49 le 2 août 2011

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Elle était assise dans ce grand fauteuil qui semblait faire partie d’elle, je l’avais toujours vue dans ce fauteuil lorsque je passais la porte de la « maison des vieux » comme les villageois la nommait. Je l’imaginais enfant, puis ados et femme. Combien de fois ai-je passé devant elle en lui souriant, en faisant un petit signe de la main, agrémenté d’un bonjour. Elle me souriait à son tour et me gratifiait d’un bonjour que je qualifierai de joyeux, dans son regard, tout à coup, une lumière scintillait.

Un jour, je décidai de m’arrêter un instant près de la vieille dame ado, elle avait ce petit quelque chose dans le regard qui avait conservé sa jeunesse. L’habitude de mes visites allaient devenir un passage obligé et tout doucement avec pudeur, elle me conta sa vie. J’ai en mémoire cette fameuse nuit de juillet 1949 qu’elle avait vécue et qu’elle me confia. Si elle n’était pas partie dans un autre monde je n’aurai jamais répété cette fameuse nuit, mais comme elle m’a dit un jour, je vous  confie cette merveilleuse nuit, car je vois que vous souffrez de ce manque d’amour, alors je ne trahirai pas un secret qui n’a plus de raisons d’être, elle n’a plus de vie ici-bas et je suis certaine que de là-haut elle me donne le droit de conter cette merveilleuse nuit.

Son coeur battait à tout rompre, ce jour-là n’avait rien d’un jour normal pour elle. L’amour de sa vie allait enfin venir la voir et elle savait que ce moment tant attendu allait lui procurer un bonheur intense.

Elle se demandait depuis si longtemps si un jour elle aurait le bonheur d’être aimée, elle se savait désirée par la gentes masculine et savait qu’au fond, les hommes confondaient souvent désir et amour, elle savait garder sa pureté et ne pas se lancer dans des aventures trompeuses et sans lendemain. Elle voulait de l’amour pour vivre en partage le désir de l’autre.

Lui n’était qu’amour, il avait ce côté féminin qui faisait de lui le plus merveilleux des hommes. Elle se leva de bonne heure, il fallait qu’elle soit belle pour lui, il avait gommé d’un coup de baguette magique son passé. Elle n’avait jamais eu le désir de l’homme comme toutes ses amies qui lui disait: tu as un gros problème, ma belle…………….. Oui, elle savait que cette maudite première fois avait gâché sa vie privée, la malchance de deux ados, qui n’avait ni l’expérience et pour elle, ni même l’envie de passer à l’acte, mais une fois de plus, elle voulait faire plaisir. C’était l’histoire de sa vie.

Ce fameux juillet 1949 elle rencontra son prince. Elle repensait à son passé en se préparant, elle était aimée pour la première fois de sa vie, elle ressentait cet amour au fond d’elle, elle n’avait plus de doutes, elle n’avait plus peur, cet homme était tout simplement merveilleux, empli de tendresse, il était attentionné, jamais personne ne l’avait gâtée de cette manière. Elle n’avait plus besoin de se cacher avec lui, elle pouvait être elle-même et elle n’avait plus peur de céder à ce désir qui montait en elle, plus honte de dire qu’elle avait dans tout son être, l’envie de lui.

Elle se regarda dans le miroir, son sourire était éclatant et elle se trouva belle. Pour seule lumière, la lueur de quelques bougies, elle attendit celui qu’elle aimait non seulement avec son coeur et son âme, mais pour la première fois de sa vie avec son corps, chaque millimètre de sa peau désirait cet homme.

Elle avait fermé les yeux afin de savourer cet instant au plus profond d’elle-même et quand elle sentit son souffle dans son cou et ses mains autour de sa taille, elle faillit défaillir, tant sa chair devenait vivante, il murmurait son amour pour elle. Lentement elle s’abandonna pour la première fois dans les bras d’un homme qui savait l’aimer. L’ombre de leur silhouette se profilait sur le mur, il ne faisait plus qu’un. Elle savoura chaque geste, chaque baiser. Elle osa découvrir ce corps d’homme.

Ses baisers brûlants sur sa peau faisaient monter en elle ce désir fou qui la tenaillait. Il avait les mots, il avait les gestes, il savait être patient et lui laisser le temps de s’abandonner avec confiance. Elle allait vivre une nuit de découvertes. Ses baisers avait fait tomber toutes les barrières, tous les tabous, lentement elle lâchait prise pour s’abandonner pleinement aux délices des mains et de la bouche de son amant.  Sous ses caresses elle avait perdu la notion du temps, chaque geste, chaque baiser sur sa peau lui mettaient le feu. Elle avait eu cette faiblesse, cette faiblesse délicieuse du moment de l’irruption volcanique qui fait que la foudre et le tonnerre ne sont que peu de choses à côté des spasmes de l’extase de l’amour.

Dans ses bras, elle s’était endormie épuisée, pour la première fois de sa vie, elle avait ressenti avec violence le plaisir. Il avait, avec son amour, découvert la femme en elle, il l’avait fait naître une seconde fois et elle savait, quoiqu’il advienne, que jamais plus elle ne serait, gênée, prude et pudique avec lui. Son corps ne lui faisait plus honte, sa nudité ne lui faisait plus peur. Son magicien venait de lui prouver qu’amour rime avec désir de l’autre. Dieu, oui, comme elle désirait cet homme de tout son être. Elle ne dissociait plus amour et sexualité, elle venait de comprendre que l’un ne va pas sans l’autre et si c’est le cas, alors ce n’est pas le véritable amour dans toute sa splendeur de s’offrir à l’autre sans peur et sans tabous.

J’avais en moi encore les mots de la vieille dame ados et en y pensant, je sais maintenant, que j’aurai pu l’écrire cette histoire qu’elle m’a contée de si belle façon, je pense à elle, ce matin, on dit que l’histoire se répète, depuis ce matin, j’y crois……………………………..

En souvenir de Marsanne ……………….

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