Frédéric tu es celui que je préfère

Posté par canelle49 le 16 avril 2011

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Frédéric, ta valse de l’adieu si pleine de légèreté s’écoute en boucle et ta polonaise me fait penser à une de mes dissertations, le sujet était d’écrire sur un pays, j’ai choisi de me plonger avec ardeur en Pologne, il fallait expliquer notre choix et pour moi ce fut très simple, tu es né dans ce pays et comme depuis ma naissance ta musique accompagnait ma vie, je n’eus aucun mal pour faire mon choix.

Il fallait que je connaisse bien mon sujet et pour ce faire j’ai écrit à l’ambassade de Pologne à Berne pour avoir de la documentation sur l’histoire de ton pays. C’est avec une agréable surprise que j’ai reçu  de leur part des dépliants et même deux magnifiques livres que j’allais avaler avec délectation. La lettre qui accompagnait ce colis était une lettre de remerciements d’avoir choisi leur pays comme sujet et une demande de leur part, leur faire parvenir ma dissertation, ainsi que la notation de mon travail, je leur ai fait parvenir un double de ma dissertation et la note qui accompagnait cette dernière et qu’elle ne fut pas ma surprise de recevoir de leur part une lettre de félicitations et de remerciements, qui me disait que j’avais parfaitement su décrire leur pays et parler de leur histoire et quand on a 12 ans cela marque ce genre de missive de la part d’une ambassade qui venait de donner une certaine importance à mon travail et ce n’est pas la note qui fut importante pour moi, note dont je ne me souviens même plus, mais pour moi c’était que j’avais été félicitée par l’ambassade de Pologne.

J’ai appris cette année là ce qu’était un ghetto, celui de Varsovie, la capital avait vécu les horreurs du tri de tous ses enfants, femmes et hommes enfermés dans cette ville pour ne pas se mélanger aux autres qui avaient la chance de ne pas être juifs. C’est à cette époque que j’ai su ce que pouvait être cette étoile jaune cousue sur les vêtements de tous ces gens, pour démontrer leurs différences, démontrer qu’ils n’étaient  tellement pas comme les autres que leur droit de vivre n’existait pas, c’est l’époque où j’ai commencé à vouloir savoir et comprendre et j’ai certainement saoulé ma mère, mais je devais savoir pourquoi on pouvait faire de telles horreurs et qu’elles étaient les fautes de tous ces gens pour avoir une condamnation si dur et c’est à cette époque de ma vie que l’horreur m’est apparue, je venais de comprendre que l’homme pouvait être le pire de ce qui pouvait exister sur terre, je venais de comprendre ce que voulait dire le racisme, je venais d’entrer dans un monde d’adulte que je n’aimais pas et j’ai décidé ce jour-là de défendre celui qui n’était pas pareil, celui qui était différent et depuis ce temps je n’ai eu de cesse de me battre contre le racisme, avec une seule arme, les mots. Demander pourquoi ce sentiment est en eux, qu’elle mal, a en lui celui qui est né ailleurs? Quelle faute il a commise? Souvent celui a qui l’on pose ce genre de question ne sait pas lui-même le pourquoi  il est raciste, si ce n’est, son ignorance et sa peur de ne pas connaître l’autre qui  met en lui la haine de l’étranger.

Varsovie, la capital qui avait mis mon coeur en émoi quand j’ai compris la souffrance de tous ces gens, tous ses enfants, ses femmes et ses hommes dans cette prison à ciel ouvert et parqués comme des bêtes pour être né Juifs.

 Je suis entrée par la grande porte dans le monde des horreurs de cette guerre en entrant dans l’histoire de la Pologne, si la musique avait mis en moi la beauté et l’amour des notes de Chopin, Varsovie avait mis en moi le chagrin, la douleur de comprendre que des hommes pouvaient avoir fait toutes ses horreurs, mais l’assurance dans la candeur de mes 12 ans que le monde qui s’ouvrait à moi ne pourrait plus jamais connaître de telles horreurs, jamais, jamais plus de haine ne pourrait refaire qu’un peuple soit haït pour ses différences de culture et de religion, j’étais si certaine que plus jamais cela ne pourrait se reproduire, hélas, la vie m’a démontré que rien dans ce monde ne peut servir de leçons, que toujours il y aura des prédateurs pour tuer, enfermer, voler des vies, faire que des innocents vont avoir faim, vont connaître la misère, la guerre, que pour un petit morceau de terre on saura encore tuer et enfermer des peuples comme à Varsovie et encore la haine l’emportera sur l’amour, pourquoi???

Frédéric, tu m’as donné l’amour de la musique classique, ta polonaise qui m’a si souvent bercée est restée en moi depuis toujours, comme si tes notes de musique avait voulu me faire découvrir ton coeur et ton âme. Tu es le compositeur que j’ai préféré dès mon plus jeune âge et quand j’ai su que Georges Sand avait fait un bout de chemin près de toi, je fus éblouie par ce hasard, tu étais celui qui m’avait fait connaître et aimer la musique classique et elle était celle qui avait accompagné mon amour des livres et ma passion de lire. Indiana, Valentine  écrit de si belle plume et qui avait mis en moi cette envie de lire tout ce qui pouvait me tomber sous la main, les mots de Georges Sand sont une musique et ta musique sont des mots.

Frédéric Chopin, tu fais partie de mon enfance, de ma découverte de la musique classique, de tes notes qui s’envolaient tels des papillons aux mille couleurs flamboyantes jusque dans ma rue, quand un après-midi de printemps ta musique se mettait à virevolter sur le chemin de l’école que nous empruntions, déjà dans nos coeurs nous savions que maman avait le coeur en fête et que ses bras seraient ouverts pour nous recevoir,  si la richesse n’était pas dans notre foyer il y avait bien plus que cela, il y avait la richesse des mots et de la musique qui ne sera jamais remplaçable, il y avait la richesse de l’amour, de la tendresse, même si parfois il y avait la peur, bien vite d’un geste, d’un regard, d’une caresse, d’un baiser, tout s’envolait comme par miracle et le pardon n’avait rien de rabaissant, bien au contraire, il faisait partie de nos vies, savoir pardonner est la plus belle fleur de la victoire (proverbe arabe).

La découverte de ton oeuvre ne viendra que bien plus tard, mais depuis je te suis fidèle et tu es le compositeur classique que je préfère, même si j’aime Mozart, Bethoveen, Strauss et j’en passe. Frédéric, tu es celui qui m’a bercée, qui m’a fait comprendre les notes de détresse qui comme une supplique sortie de ton âme torturée, puis celles plus légères qui deviennent en un instant une toile de couleur pastel d’un matin de bonheur de voir le jour se lever. Tu as su si bien écrire les notes qui font ressortir tes sentiments, ta musique est une oeuvre littéraire, tes notes sont des mots d’amour, de colère, de désespoir, ta musique nous fait entendre mieux que les mots tes tourments, tes peines, tes joies et ton bonheur.

Hasard de la vie, je suis née un siècle après ton départ et si je suis allée il y a bien des années à Paris, c’était pour voir ton tombeau au cimetière du père Lachaise, si ton coeur prélevé dort dans une urne à Varsovie,  ton âme, personne n’a pu la prélever, elle est certainement au-delà du firmament.

 

10 Réponses à “Frédéric tu es celui que je préfère”

  1. dominique1012 dit :

    bonjour Hélène
    bonne journée
    je reviendrai, pas le temps ce matin de te lire
    bisous

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  2. le Pierrot dit :

    Bonjour Hélène, belle ode que tu fais là ce compositeur, je comprends que celui ci ait marqué ton enfance, on a tous en nous un morceau préféré qui a touché notre enfance, un air et une musique qui nous accompagnent toute la vie, dont on ne peut se défaire…moi aussi j’ai mes préférences, mais je t’en parlerai un autre jour, de vive voix…je ne savais pas que le Coeur de Chopin était à Varsovie, tu vois j’ai appris cela aujourd’hui, merci à toi…je t’embrasse, et te souhaite un bon week end…en attendant le prochain, synonyme de cloches et de chocolats, d’amitiés aussi, c’est sûr…

  3. jcn54 dit :

    Bonjour ma chère Hélène
    Merci de nous rappeler l’oeuvre de ce grand compositeur, j’ignorais que son coeur était à Varsovie, mais peu importe puisqu’il est dans le nôtre!
    Bisous, bon week end ensoleiléé Hélène.
    JC

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  4. LA FANETTE dit :

    kikou ma Chipounette
    Le roman de Hélène sur Frédéric :lol: hey les gens vous inquiétez pas, elle sait que je rigole
    tu aime la musique moi aussi, peut être pas les mêmes auteurs ni les mêmes instruments mais bon
    allez ma Chipounette à bientôt
    bisous

  5. Eh, pas étonnant que Georges Sand soit tombée sous le charme de ce grand compositeur!!!!!
    Bon WE à toi
    Bizz
    Tân

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  6. dominique1012 dit :

    c’est un grand compositeur que j’aime écouter .
    bisous

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  7. binicaise dit :

    Quel beau texte pour un grand musicien tu sais mettre les mots qu’il faut.
    Bonne soirée bisous Jacqueline

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  8. La musique classique, jeux de mains de virtuoses, grâce des mouvements de l’artiste, sons émis par des instruments dont le maniement demande don, travail et exigences pour que nos oreilles se collent aux porte des anges.
    Un bel homage à ce musicien prodige.
    Merci Helene,
    bises et bon dimanche.

    Dernière publication sur MICHELE HARDENNE : Plume de nacre

  9. le Pierrot dit :

    Bonjour Hélène, moi j’aime bien Bach, Jean Sébastien, et aussi son frère, Offen…bizatoi psa, et passe un bon dimanche…

  10. eultreia1 dit :

    Chère Hélène,

    Merci pour cet émouvant « billet » sur Frédéric Chopin.
    Provincial, je ne « monte » pas souvent à Pais, mais à chaque fois, je m’arrange pour passer au 12 de la Place Vendôme, pas pour les bijoutiers ni pour le Ritz, mais ce N° 12 est l’immeuble où s’endormit pour toujours Frédéric Chopin.C’est moins triste qu’un cimetiere et j’ai la sensation qu’il va écarter un rideau, se pencher peut-être, descendre…Quelques détails le concernant…

    DOMICILES PARISIENS DE FRÉDÉRIC CHOPIN
    27, boulevard Poissonnière
    Chopin eut, au 5e étage, le premier de ses domiciles parisiens, composé de deux petites pièces ; il y vécut de la fin de septembre 1831 à juin 1832. De sa chambre, il découvrait Paris « de Montmartre au Panthéon ».
    « Bien des gens m’envient cette vue, écrivit-il alors, mais personne mon escalier. »

    4, cité Bergère
    Hôtel meublé dont Chopin occupa une chambre de la fin de 1832 à juin 1833.

    5, rue de la Chaussée d’Antin
    (Hôtel d’Epinay, aujourd’hui disparu)
    Chopin y occupa une chambre de juin 1833 à septembre 1836. Il eut d’abord comme colocataire un émigré polonais, le docteur Alexandre Hoffmann, puis y accueillit son ami Jan Matuszynski.

    38, rue de la Chaussée d’Antin
    (Immeuble aujourd’hui disparu)
    Chopin occupa, de septembre 1836 à septembre 1839, un appartement de deux pièces payé 425 F par trimestre ; il y donna de nombreuses soirées musicales entouré de ses intimes dont Liszt et Marie d’Agoult.

    5, rue Tronchet
    De retour de Majorque et de Nohant, Chopin habita au 1er étage d’octobre 1839 à novembre 1941.

    16, rue Pigalle
    Emplacement, au fond d’un jardin, de deux pavillons d’été que George Sand, antérieurement quai Malaquais, loua en 1841. Elle sous-loua l’un deux à Chopin. Ils emménagèrent en novembre 1841, mais en partirent l’année suivante pour le square d’Orléans. George Sand reçut dans ce pavillon toutes les célébrités romantiques de l’époque, et Chopin y donna des leçons de piano.

    9, square d’Orléans
    Situé 80, rue Taitbout (cité des Trois Frères / 36, rue Saint-Lazare). George Sand loua, en automne 1842 (plaque), le premier étage du n° 5 ; elle y restera jusqu’en 1847, date de sa rupture avec Chopin. Chopin, lui, loua le rez-de-chaussée du n° 9 (plaque), composé d’une chambre et d’un salon. Il y restera jusqu’en 1849, avec la parenthèse de l’année 1848 (avril-novembre) en Angleterre.

    74, rue de Chaillot
    Appartement où Chopin, ayant quitté le square d’Orléans, vint s’installer au mois de juin 1849, au 2e étage d’une maison neuve. Il le quitta dix semaines plus tard.

    12, place Vendôme
    Chopin, après son bref passage rue de Chaillot, fit venir sa sœur Ludwika de Pologne et s’installa avec elle, fin septembre 1849, dans cet appartement sur cour (1er étage), où il mourut, après une sereine agonie, le 17 octobre, à 2 heures du matin. Il avait 39 ans. Ce fut le dernier de ses neuf domiciles parisiens.
    LIEUX PARISIENS MARQUÉS PAR LE SOUVENIR DE CHOPIN (hors domiciles)

    Hôtel Lambert
    2, rue Saint-Louis-en-l’Isle (ou 1-3, quai d’Anjou), Paris 4e. Lieu ou Chopin était accueilli par le prince Czartoryski, et où il retrouvait le cœur de l’émigration polonaise à Paris.

    Ancien Conservatoire
    2, rue du Conservatoire, Paris 9e. Haut lieu de la vie musicale où Chopin prend part, le 20 mai 1832, à une soirée de bienfaisance organisée par le prince de la Moskowa. Il y donnera encore de nombreux concerts. (Cf : Concerts à Paris.)

    Hôtel Cromot-du-Bourg
    (Premiers Salons Pleyel) 9, rue Cadet, Paris 9e. Chopin y donna, le 26 février 1832, son premier concert devant le Tout-Paris musical. Il y jouera à plusieurs reprises et c’est là qu’aura lieu son dernier concert public parisien, devant la famille royale, le 16 février 1848. (Cf : Concerts à Paris.)

    Salons Pleyel
    22, rue de Rochechouart, Paris 9e.

    Salle Le Peletier
    (ancien Opéra)
    12, rue Le Peletier, Paris 9e.

    Église Saint-Germain-des-Prés
    Place Saint-Germain-des-Prés, Paris 6e.

    Église de la Madeleine
    Place de la Madeleine, Paris 8e. Funérailles de Chopin, le 30 octobre 1849 où 3 000 personnes vinrent lui rendre un dernier hommage et d’où partit le convoi funèbre pour le cimetière du Père-Lachaise.
    (Cf : Commémoration du 150e anniversaire de la Madeleine.)

    Cimetière du Père-Lachaise
    Paris 20e.
    Le monument funéraire, œuvre de Clésinger et financé par un comité présidé par Delacroix, sera inauguré officiellement le 17 octobre 1850.

    Musée de la vie romantique
    Hôtel Renan-Scheffer, 16, rue Chaptal, Paris 9e.
    Collections de souvenirs ayant appartenu à des écrivains, des artistes et des musiciens de l’époque liés à Chopin.

    Bibliothèque Polonaise
    6, quai d’Orléans, Paris 4e.
    Société historique et littéraire polonaise à Paris, petit musée (empreinte de la main gauche, portraits, partitions, mèche de cheveux, fauteuil, masque mortuaire).

    Musée de la Musique
    Cité de la Musique, à la Villette, Paris 19e.Possède le piano de Chopin.

    Musée du Louvre
    Paris 1er.
    Célèbre portrait de Chopin par Delacroix.

    Parc Monceau
    Paris 8e.
    Statue de Chopin.

    Jardin du Luxembourg
    Paris 6e.
    Buste de Chopin.

    Orangerie du parc de Bagatelle
    Paris 16e.
    Festival Chopin depuis 1983.

    Place Chopin
    Paris 16e.
    Baptisée ainsi en 1897.

    Hôtel Chopin
    Paris 9e, passage Jouffroy.

    Salle Pleyel
    Paris 8e, salle Chopin (petite salle de concert).

    Club Polonais
    Rue Godot-de-Mauroy, Paris 9e.

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