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Maman

Posté par canelle49 le 14 avril 2011

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Ce matin tu aurais dû fêter ton anniversaire, les souvenirs remontent en moi et je me vois petite quand tu me punissais pour avoir fait une bêtise, pourquoi je me souviens toujours de mes punitions? Certainement parce que tu as su faire en sorte que les leçons que tu nous donnais resteraient en nous pour toujours.

Cet après-midi là je jubilais tellement j’étais heureuse de pouvoir aller avec mon amie dans ce super-marché qui venait de s’ouvrir. Oh ! Bien sûr, il n’avait pas la grandeur des super-marchés de nos jours, c’était beaucoup moins impressionnant, mais c’était la première fois que nous pouvions se servir seul sans demander nos marchandises à l’épicière.

Tu n’avais pas beaucoup de marchandises à me faire acheter et je soupçonne que tu avais intentionnellement oublié le lait et le pain pour me laisser partir avec mon amie à la rencontre de cette nouvelle façon de faire.

Mon amie était aussi heureuse que moi de partir à l’aventure de ce super-marché, nous n’étions pas pressées et nous profitions de ce merveilleux moment pour faire le tour des étalages et reconnaître le parcours. Bien entendu, les bonbons nous attiraient tout particulièrement et comme tu n’avais pas le sou en trop pour nous laisser acheter des bonbons, la tentation fut trop forte et ce geste que nous fîmes ce jour-là restera à jamais gravé dans ma mémoire.

Nous avons osés après bien des hésitations voler ce paquet de bonbons, comme nous étions fières de notre larcin et honteuses en même temps et avec la peur au ventre. Quel bonheur de remonter les escaliers en dégustant nos bonbons, comme nous voulions que le paquet nous profite au moins une semaine nous avons fait attention de ne pas être trop gourmandes. Le problème était, qui de mon amie ou moi allions prendre le risque de cacher le paquet chez elle, après bien des discutions je pris ce risque, mon amie avait un papa très sévère, tandis que moi, je n’avais que maman à la maison, donc je prenais moins de raclées comme on dit ici. Je n’imaginais pas que ce geste allait me donner une leçon magistral que je n’ai jamais oubliée.

Bien entendu, ma mère qui avait un odorat très prononcé senti très vite que j’avais mangé des bonbons et mon mensonge ne passa pas, elle savait bien que le père de mon amie ne lui avait pas donné d’argent pour des bonbons. Elle s’est doutée de ce qui avait pu se passer, elle me regarda droit dans les yeux en me disant : tu as meilleur temps de me dire la vérité. Ma mère détestait le mensonge, c’était bien pire que la bêtise pour elle, il valait mieux dire la vérité et la punition était moindre si on avouait nos bêtises.

Ce qui devait arriver arriva elle remarqua bien vite le rouge sur mes joues pour comprendre que je mentais, alors à bout d’arguments et honteuse j’avouais ce larcin.

J’avais déjà peur de la claque qui n’allait pas manquer d’arriver, mais à ma grande surprise je vis ma mère, prendre son téléphone, je la suppliais de ne rien dire au père de ma copine étant persuadée qu’elle s’apprêtait à le faire. D’une voix ferme elle me dit : non je ne téléphone pas au papa de ton amie. La suite me fit froid dans le dos, je l’entendais parler au directeur du magasin et lui expliquer qu’elle allait me renvoyer avec mon amie payer le paquet de bonbons que nous avions volé.

La honte je n’en parle même pas tant elle était bien présente quand nous nous sommes retrouvées toutes les deux au bureau de ce Monsieur, il accepta nos excuses et la promesse de ne jamais recommencer et cela ce n’était pas difficile, la honte que j’avais à cet instant était le meilleur garant de notre promesse.

Depuis ce jour jamais plus dans ma vie je n’ai eu, ne serait-ce que l’idée du vol me fait horreur, quand je vais dans une boutique de vêtements et que je vois une vendeuse en peu trop zélée qui m’observe, je sors de la boutique à la vitesse de l’éclair, ressentir le soupçon me ramène dans cet épisode de ma vie qui me fait encore honte de nos jours.

Maman, je crois que tu savais nous offrir les meilleures leçons de vie qui soient et c’est en pensant à toi souvent que je vois l’adulte que je suis et qui sent encore ta présence chaque fois que j’ai une mauvaise pensée je me remémore ce que tu nous disais et cela suffit à me retenir de faire de mauvaises actions.

Maman tu es partie bien trop vite et aujourd’hui tu aurais dû fêter ton anniversaire, nous aurions dû fêter tes 90 ans, il y aura quatre ans que tu es partie et je commence seulement maintenant à me rendre compte combien je suis finalement ton double, même si souvent, je me suis refusée de vouloir te ressembler pour tant de choses, peine perdue, je suis avant tout ta fille et je sais que tu as fait une bonne partie de ce que je suis.

En pensant à toi maman, ce bouquet de fleurs sauvages que tu aimais tant, ces petites fleurs modestes que tu m’as appris à aimer aussi.

A une maman on ne ment pas, elle lit notre âme comme en elle-même et tu savais lire dans notre âme.

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