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Le saule pleureur

Posté par canelle49 le 28 mars 2011

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Quelle élégance dans ce merveilleux arbre qu’est le saule pleureur, il me ramène dans mon enfance, quand j’étais si désireuse de comprendre la nature et que je posais mille questions aux vieux, il avait, dans sa jeunesse, un cheval de trait nommé césar, de race Percheron, sa robe pommelée je la voyais souvent dans ce cadre au-dessus de sa cheminée, César l’aidait dans les champs pour le laboure, il était là aussi pour tirer le char à foin l’été, cela m’a rappelé ces fameuses vacances que j’avais passées dans le village qui est devenu comme par hasard le village où j’habite maintenant, ce village que j’ai connu avec mon amie d’enfance où ses grands-parents demeuraient dans une vieille ferme que j’adorais.

Je me souviens de ce mois de juin particulièrement chaud, je devais avoir 12 ans et j’étais tellement heureuse de partir seule avec mon amie, rejoindre son pépé, comme elle disait et l’aider pour les foins, pour une fille de la ville ce n’était que du bonheur de partir pour la campagne, nous avions des râteaux en bois et sous un soleil de plombs nous faisions des andains avec les gens du village, c’était l’époque où les gens s’entraidaient quand il fallait faire les foins, ces meules qui poussaient comme des champignons dans les prés me fascinaient, j’aimais déjà l’odeur de la nature, le parfum du foin parcourait les rues du village et le soir, la fenêtre ouverte, nous nous endormions dans le délice des parfums du foin.

César était son fidèle compagnon et il avait toujours gardé ce portrait, quand il en parlait il le prenait toujours dans ses mains déformées par le mal qui était en lui, il prenait ce vieux cadre et ses yeux souvent devenait troubles, je soupçonnais des larmes retenues dans son regard, mais je faisais celle qui ne voyait rien et le vieux ne tarissait pas de paroles, il me contait comment si souvent le soir venu, il rentrait avec César et lui offrait son repas bien mérité, il avait toujours du foin à disposition et s’endormait dans le grand pré près de la ferme jusqu’au petit matin, comme cela devait être merveilleux d’avoir avec ce cheval tant de complicité et quand j’y repense je crois que c’est encore le vieux qui m’a donné la passion des chevaux.

Je me rends compte de l’importance qu’il a eu dans ma vie quand j’écris et quand je me promène, il est si souvent là, en moi, que je le soupçonne de me faire un petit coucou de là-haut, il doit bien rire quand il me voit hésiter sur une herbe ou une autre ne me souvenant plus à quoi je devais faire attention entre la bonne et la mauvaise, donc quand je ne sais pas, j’évite de la cueillir de peur de faire une bêtise.

La pie qu’il avait élevé, combien de fois elle s’est moquée de moi, elle ricanait souvent en me voyant et se posait sur ma tête comme pour me dire c’est moi qui dit si oui ou non tu peux entrer sur mon territoire, je vous ai conté l’histoire de cette pie plutôt voleuse il est vrai, si je laissais un crayon sur la table du vieux elle s’empressait de venir le prendre afin de le cacher dans son territoire au-dessus de l’armoire, je riais et le vieux aussi riait de bon coeur et il me disait:< petite, demain j'aurai récupéré ton crayon, pour ce soir il faut la laisser savourer sa victoire>, oui, il était comme cela le vieux, il aimait tant la nature et les animaux que de là-haut je suis certaine il doit être bien triste de voir ce que l’homme fait de ce monde.

 

Publié dans page de vie | 24 Commentaires »

 

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