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En pensant à toi mon amie T..

Posté par canelle49 le 3 janvier 2011

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Tu n’avais pas envie de nous parler de la guerre, tu ne voulais pas nous faire savoir que le monde pouvait être cruel, tu avais mal, si mal d’avoir vu tant d’horreur dans cette guerre perdue d’avance, tu avais mal de la souffrance de ce peuple qui jamais ne t’avais fait de mal, mais que tu combattais pour servir ce pays qui n’était même pas le tien !

Tu as toujours eu au fond de toi ces fantômes qui te poursuivaient, est-ce pour cela qu’un jour tu as décidé d’en finir pour ne plus voir dans ton esprit ces enfants et ces femmes mourir de la guerre et de la folie des hommes, jamais je ne saurais, le pourquoi de ton envie de partir ce soir-là, mais je devine que tant de choses en toi ne pouvaient s’en aller, ton esprit était fait de sang et de morts, ton esprit pour ne pas souffrir et oublier avait besoin de cette maudite bouteille d’alcool et toi mon père d’adoption tu devenais dans ces moments-là un étranger que je ne reconnaissais plus.

Je t’en voulais de te détruire, de nous détruire dans ces moments-là, mais malgré mon jeune âge je te comprenais, je savais voir ton visage changé quand innocemment je te demandais comment était ce pays lointain et comment était la guerre, je voyais tes yeux s’embuer de larmes et pourtant avec effort tu me contais les horreurs de la guerre en me disant combien c’était l’horreur d’accepter de servir un pays pour tuer. La guerre fait du mal aux hommes, si tu en es sorti vivant, ton âme et ton coeur étaient morts déjà, tu es parti dans l’espoir de ne jamais avoir à te servir de ton arme et à la guerre c’est une utopie de penser que jamais on aura besoin de son arme.

Je ne te posais pas souvent la question, de moins en moins en grandissant, je ne voulais plus voir ton regard s’embuer et tes mains trembler, je pensais que si je t’aidais à oublier, tu oublierais, mais jamais tu n’as, pu oublier, je sais maintenant qu’on n’oublie jamais les horreurs de la guerre.

Ces quelques photos qu’ils me restent, tes médailles de guerre et ton livret militaire sont là pour me souvenir que tu voulais que dans nos coeurs, nous n’ayons jamais à connaitre la guerre. Tu as fait certainement aussi ce que nous sommes devenus mon petit frère et moi, tu as passé des années avec nous, tu nous as élevé comme un père que je n’avais pas, tu as su nous démontrer le chemin de l’amour et le chemin de ne jamais mépriser celui qui n’est pas fait à notre image, que l’autre malgré ses différences, n’est pas un ennemi, je remarque maintenant que toi aussi tu as su nous offrir à mon petit frère et à moi ce merveilleux cadeau de ne jamais avoir en nous une parcelle de racisme !

Où que tu sois maintenant, je suis certaine que tu as retrouvé ce merveilleux pays que tu aimais, mais qui t’avait laissé un goût amer de sang et d’horreur!

Tu disais souvent, LOVE VIETNAM, tu disais souvent, j’y retournerai un jour, tu n’as pas eu le temps, mais mon frère l’a fait pour toi et est reparti sur tes traces pour fouler le sol de ce pays où tu avais vécu les horreurs de la guerre !

Et moi ce soir je te dis, LOVE, mon papa de coeur !

 

Publié dans page de vie | 12 Commentaires »

 

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