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L’ermite

Posté par canelle49 le 22 décembre 2010

 

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Il était si vieux, il avait de la difficulté pour avancer à petits pas dans la neige, son dos était voûté, sa barbe blanche gelée, il vit au loin les lumières du village, enfin il allait pouvoir se reposer, l’ermite qui vivait depuis tant d’années dans une cabane de la forêt et qui n’avait jamais de visiteurs, ce soir de Noël, il allait à la rencontre des habitants du village.

La première maison qu’il vit en arrivant était la somptueuse demeure du patron du journal de la ville voisine, il s’immobilisa pour admirer les décorations de Noël suspendues autour de la maison et le sapin qui brillait de mille feux dans le grand jardin tout blanc, il était à bout de souffle, si bien qu’il décida de demander en peu de repos et une tasse de chocolat chaud afin de pouvoir continuer sa route, il entreprit de sonner au portail et là quelle ne fut pas sa stupeur d’entendre une voix lui dire:< passe ton chemin, manant>.

Il osa tout de même se présenter et demander en peu de chaleur, il entendit un rire résonné dans la nuit, un rire sarcastique et puis le silence, il comprit que ces gens-là avaient bien peu de coeur et il reprit sa route, de maison en maison,  pas un seul habitant du village ne daigna lui ouvrir sa porte en cette nuit de Noël.

Il arriva devant une modeste maison sans portail, sans illuminations, sans rires et sans chansons, il frappa à la porte en bois délavé et écaillé par le temps, il n’attendit pas longtemps et la porte s’ouvrit pour laisser une petite lueur de bougie lui éclairer le visage, une jeune femme le regardait elle lui demanda avec une petite voix douce ce qu’il désirait, elle lui offrit d’entrer, le feu de bois allait le réchauffer, elle lui apporta un bol de soupe bien fumante, il regardait cette modeste maison et demanda pourquoi elle ne fêtait pas Noël comme tous ces gens dans le village, il vit une petite larme couler sur sa joue et elle lui conta sa vie.

Elle avait eu le malheur d’aimer le fils d’un notable du village, elle était de condition modeste si bien que le père du jeune homme avait mis le holà très rapidement et quand elle su qu’elle attendait un enfant il était trop tard, les portes des entreprises se refermèrent aussi sur elle, cet homme avait de l’influence dans ce petit coin de pays, alors commença pour elle la galère des petits boulots de-ci delà et tous les habitants du village profitèrent de sa condition pour la sous-payer, mais elle n’avait pas le choix, elle devait nourrir sa petite fille, les années avaient passé et la fillette était devenue une belle jeune fille intelligente,  elle avait pu obtenir une bourse pour partir au loin étudier dans une grande école si bien qu’elle se retrouvait toute seule dans cette vieille maison qui menaçait de s’écrouler.

Il la regardait, elle avait dû être belle autrefois, elle était encore belle, mais son visage était si triste et son corps si fatigué, qu’elle n’était plus que l’ombre de la belle jeune fille qu’elle avait dû être, elle cacha ses mains rougies et creusées par les travaux-ménagers qu’elle offrait aux notables du village contre quelques pièces.

Le vieil homme compris en cette nuit de Noël que cette pauvre femme saurait être, sa digne héritière, il savait que demain il serait parti rejoindre tous les siens au-delà de ce monde, mais avant, il voulait que sa fortune revienne à une belle âme, il venait de trouver en cette nuit magique, cette belle âme.

On dit que depuis cette nuit de Noël, la vieille maison est devenue une belle demeure où le bonheur règne, on dit que depuis cette nuit de Noël, les bourgeois du village se sont fait une guerre sans merci, de rage et de colère de ne pas avoir ouvert leur porte au vieux. Ils ont depuis, vécus la crise dans ce monde et se sont retrouvés ruinés et comme il y a toujours une justice, ils ont à leur tour su ce que c’était que de vivre comme cette pauvre jeune fille que l’on avait laissé seule et méprisée de tous.

Le vieux solitaire était un homme riche, très riche et qui un jour n’ayant autour de lui que des amis qui en voulaient à son argent, décida de partir vivre en solitaire, au dernier soir de sa vie, il voulait faire le bonheur des familles de son village, mais il n’avait trouvé qu’une jeune femme seule qui avait mérité ce don!

 

Moralité: il faut savoir donner, pour recevoir!

Publié dans contes | 14 Commentaires »

 

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