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Souvenir d’un fou………

Posté par canelle49 le 2 août 2010

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Encore un levé de soleil, encore le bonheur d’une journée et le souvenir d’un fou me revient en mémoire, pourquoi ce matin, il revient en moi?

Peur-être que j’ai enfin l’esprit libre pour repenser à ceux que j’ai croisé un jour dans ma vie et penser que celui qui hante ce matin mon esprit est quelque part dans l’autre monde.

Il n’avait pas d’attache, pas de liens pour le retenir prisonnier, il était pieds nus, été comme hiver, quand au détour d’une rue je le croisai, toujours souriant, ayant un petit mot gentil pour éclairer ma journée, le fou, comme l’appelaient les gens, était en vie, il vivait près de la nature (au fait, où vivait-il ?) jamais je ne m’étais posée cette question.

Il a parfois hanté mes nuits dans un rêve, au matin, il était reparti de mes pensées, il marchait, marchait, marchait encore, mais que pouvait-il bien chercher le solitaire qu’il était, toujours pieds nus.

Le soir des matchs de hockey il était là, pieds nus, au bord de la balustrade, ses pieds rougis par le froid, son sourire qui illuminait son visage et qu’il distribuait sans discrimination à tous, me revient en mémoire.

Les courses de marche auxquelles il participait, tous étaient chaussés, lui il arpentait le bitume pieds nus, souriant dans l’effort, avec un petit signe de la main pour tous ceux qu’ils croisaient. Un matin sur le chemin de l’école, j’avais onze ans, je l’ai peut-être regardé d’une autre façon, mais ce jour-là, le salut qu’il m’adressa fut suivi d’une petite phrase très anodine, mais qui me donna des ailes, ce fut la seule fois qu’il s’arrêta pour me parler:< travailles bien à l'école, tu seras récompensée de tes efforts et surtout n'oublie jamais que tu as aussi le droit de rêver! Allez ne sois pas en retard, bonne journée petite>.J’ai soupçonné ce jour-là que ma mère avait dû lui dire que j’avais très souvent des annotations dans mon carnet de notes qui dénonçaient mes rêveries en classe.

Il avait su, en peu de mots, me faire comprendre que j’avais ce droit de rêver, mais sans oublier que je devais travailler en classe. Comme tout est simple quand un adulte sait trouver les mots pour parler à un enfant, les mots justes, les mots qui touchent plus qu’une brimade et de longues morales sans intérêt qui font que notre esprit se ferme et que l’on devient sourd.

De ce jour, j’ai su que le fou, comme l’appelait les adultes, n’était pas fou, bien au contraire, juste original, mais saint d’esprit et son amour de l’autre n’était pas de la folie, non, c’était de l’humanité, je compris pourquoi il pouvait marcher, marcher encore et encore, pieds nus, il avait un coeur bien plus grand que nous tous.

Je voulais ce matin lui rendre un petit hommage et parler de celui qui un jour a croisé mon chemin et sans le savoir à peut-être changer le cours de ma vie.

La grande leçon de la vie, c’est que parfois, ce sont les fous qui ont raison.

Winston Churchill

 

 

Publié dans page de vie | 10 Commentaires »

 

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