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Pourquoi si tôt…………

Posté par canelle49 le 11 juin 2010

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Il n’avait que 18 ans, il était sur de lui, de sa victoire contre cette saleté de maladie qui le rongeait, on y croyait aussi, il était le bout en train de la bande de copains que nous étions, il n’avait pas peur, cette peur qui nous étreignait parfois en pensant à lui, si je l’ai connu à l’âge de 15 ans seulement et que notre rencontre fut brève de par le destin qui n’a pas voulu l’aider dans son combat je pense à lui et je revois ce grand garçon, plus grand que nous tous, plus costaud, pleins de vie, il avait l’âge où nous sommes des ados qui n’ont pas de préoccupations, pas de problème, des ados qui ne savent pas qu’il peut y avoir le pire. L’âge des illusions, l’âge où rien n’est impossible.

Un jour d’hiver le froid et la neige qui avait recouvert la nature de son manteau blanc ne nous as pas retenu de se retrouver avec les copains comme nous le faisions tous les samedis après-midi.

Il était absent ce jour-là, on l’attendit en vain, pas de portable à notre époque si bien que nous décidâmes de passer chez lui. Nous voilà à sept devant sa porte, personne ne répondait. Le froid de ce jour fit que nous attendîmes dans l’entrée de son immeuble.

Son père, le premier, franchit la porte, suivi de sa mère, j’ai compris à leurs visages que la chose arrivait, cette chose que l’on ne voulait pas nommer, à nos âges on ne veut pas y penser, on ne peut que refuser ce mot.

La chose allait nous prendre notre ami, il était là devant nous coucher dans ces draps blancs, souriant, nous regardant tour à tour et nous disant de ne pas être inquiet, qu’il allait gagner cette bataille, qu’il allait voir le printemps avec nous, il nous promettait cela en disant rendez-vous au même endroit à la même heure, ne pensez pas vous débarrasser de moi si facilement! Il gardait son humour et j’y croyais, je savais qu’il était plus fort que nous, plus adulte que nous et qu’il allait savoir que faire pour continuer son chemin avec nous tous.

Le jour se levait quand ma mère m’appela, je vis son visage grave et je compris, il était parti, les mots qu’elle me dit ce jour-là je ne voulais pas les entendre, jamais cela ne pourrait être vrai, elle se trompait, hier encore il nous parlait, hier encore il nous promettait d’être là, il ne pouvait pas être parti, jamais il n’aurait fait cela, pas lui , jamais. Ce fut ce jour-là que je me trouvais confrontée à la chose, face à ce mot qui ne voulait pas être dans mon esprit, ce mot qui pourtant fait partie de la vie, La mort!

Le revoir ne serait-ce qu’une fois, en aurais-je le courage?

Devant l’entrée de ce sanctuaire avec tous mes amis je n’osais entrer, une force invisible me disait, tu ne peux pas ne pas lui dire au revoir une dernière fois et j’entrais, c’était la première fois que j’étais confrontée à la mort d’un être cher jeune, j’avais perdu mon grand-père, j’avais 15 ans, mais pour moi ce n’était pas anormal, il était vieux, alors que lui était si jeune, à peine 18 ans et tous ses rêves me revinrent en mémoire, ses projets que jamais il ne réalisera et pour la première fois je sentis l’odeur particulière de la mort, je découvris l’horreur de la mort! Je me penchais au-dessus de sa tête, posais mes lèvres sur son front et lui murmurait:< je t'aime, jamais je ne t'oublierais.> Puis, je suis sortie très vite pour ne pas que l’on voit mes larmes couler le long de mes joues et retrouvais le ciel qui pleurait des larmes de pluie.

J’ai compris ce jour funeste, que jamais plus je ne serais comme avant, mon insouciance était partie, je venais d’entrer dans le monde de la réalité, je venais de sortir du monde des rêves ou tout est merveilleux, que la vie n’était pas si merveilleuse que je pouvais l’imaginer!

A jamais il restera dans ma mémoire, son courage et sa volonté à lutter contre cette maladie qu’est la leucémie nous montra qu’il faut toujours lutter, essayer de vaincre par tous les moyens, même s’il ne reste qu’un minime espoir! Il nous a fait grandir, nous a montré que parfois malgré le courage et la volonté on ne peut pas tout réussir, mais essayer de toutes ces forces fait que l’on ne peut pas avoir de regrets si d’aventure on perd, la vie est faite ainsi et dans la vie il y a la mort, seule certitude de nos vies, on naît pour mourir.

A toi mon ami de jeunesse je pense en ce jour et par nos pensées tu es vivant, à jamais!

 

 

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