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Le ruisseau

Posté par canelle49 le 16 avril 2010

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Le jour se levait quand il partit pour aller voir son pré, il avait avec amour planté de quoi nourrir sa famille, ses enfants ne souffriraient jamais plus de la faim, il se l’était juré, le soleil pointait à l’horizon et c’est d’un coeur vaillant qu’il marchait le long du ruisseau, ce ruisseau était un don du ciel pour lui, il lui permettait d’arroser ses plantations qui devenaient de jour en jour plus belles. Il pensait encore au passé et à toutes ses galères que sa famille avait traversées, leur amour avait fait que tous ensemble ils s’étaient unis pour ne pas sombrer dans le désespoir, perdu dans ses pensées, il n’avait pas encore vu que la rivière était asséchée et qu’il n’y avait plus qu’un mince filet d’eau qui coulait.

Son regard se posait au loin, il voyait son travail récompensé et c’est avec bonheur qu’il arriva dans son jardin d’Eden, comme il l’appelait. Ce matin, il savait pouvoir ramener de quoi manger, les carottes avaient bien grandi, les choux avaient une tête bien ronde, les salades avaient de magnifiques corolles, les radis bien dodus n’attendaient plus que la récolte, il pouvait être heureux de sa patience. Il déposa sa hotte sur le sol et commença sa récolte, le merle, comme toujours, vint lui faire un petit coucou, il savait que chaque fois qu’il venait dans son jardin le merle serait au rendez-vous et il avait pris pour habitude de lui ramener quelques restes de cuisine et un peu de pain qu’il émiettait avec patience, puis il se remettait au travail.

Ce matin-là, il se devait d’arroser, il se releva pour s’approcher du ruisseau et c’est avec stupeur qu’il vit la catastrophe, ce mince filet d’eau qui coulait, non, ce n’était pas possible, pourquoi le lit du ruisseau était à sec? La stupeur passée il décida de remonter la berge, plus il avançait et plus le mince filet d’eau se raréfiait.

Ils étaient des pros pour la construction des barrages, ils savaient faire un travail propre et net, c’est avec beaucoup de soin que les travaux qu’ils avaient entrepris portaient leurs fruits. Ils étaient fiers de leur ouvrage, l’équipe avait bien travaillé et il fallait encore solidifier le barrage pour être certain que les pluies n’allaient pas tout détruire; alors, c’est avec ardeur qu’ils colmataient les fentes de l’ouvrage, ils avaient des outils bien acérés pour découper le bois qui leur servirait pour boucher les quelques trous qui restaient apparents, c’est avec une patience à toute épreuve qu’ils travaillaient à la limite de leur force.

Il marchait depuis une heure et se demandait quand il allait enfin voir qui avait osé détourner le lit de son petit ruisseau. Il pensait à tout son travail qui enfin portait ses fruits et qui, sans l’aide de l’eau, allait être perdu. Son esprit vagabondait encore une fois dans son passé, la perte de son travail, son épouse qui allait mettre au monde leur cinquième enfant, cette période de sa vie où il avait pensé baisser les bras tant sa vie lui apparaissait vide de sens, puis, il avait regardé ses petits et cela lui avait donné le courage de se battre pour eux. Il écarquilla les yeux et se demanda s’il n’était pas en train de rêver, il venait de voir ces ouvriers qui s’attelaient à construire ce barrage et il n’en croyait toujours pas ses yeux.

Ils ne l’avaient pas vu s’approcher trop occuper à travailler en équipe, celui qui apparaissait comme étant le chef de la bande se retourna en entendant un crissement de branche et en quelques secondes ils disparurent dans la forêt.

Il venait de comprendre qui avait osé construire ce barrage, il souriait maintenant en regardant au loin la famille castor s’enfuir à son approche et regarda ce travail de titan si bien fait, c’est avec en peu de regret qu’il entreprit de redonner sa liberté à l’eau de couler dans le lit du ruisseau, il n’avait pas le choix, il fallait que le ruisseau reprenne vie; c’était une question de survie pour lui et c’est avec en peu de peine pour ces ouvriers merveilleux qu’étaient les castors qu’il entreprit la démolition de ce travail de longue haleine.

Parfois dans la vie on n’a pas toujours le choix et quand c’est une question de survie on peut parfois devoir faire des actions qui ne nous plaisent pas toujours, on peut être partagé et avoir en nous deux sentiments, on peut parfois avoir à se battre contre nous-même et se déchirer, mais quand il s’agit de vie ou de mort on n’a plus le choix; on prend la décision qui peut sauver ceux que l’on aime, c’est un sentiment humain qui est en chacun de nous, donc souvent, on peut faire des actions qui ne sont peut-être pas les plus belles, mais qui sont celles qui vont sauver les vies de nos proches.

Confronté à une épreuve, l’homme ne dispose que de trois choix : 1) combattre ; 2) ne rien faire ; 3) fuir. (Henri Laborit)

 

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